Équité salariale chez Desjardins

Preuve que la crise est bel et bien terminée pour le mouvement Desjardins, le salaire de la présidente et chef de la direction, Monique Leroux, a plus que doublé en 2009, atteignant 1,56 millions $. De plus, la coopérative financière annonce des « excédents avant ristournes » de 1,08 milliards $ en 2009. Il n'empêche, 1,56 millions $, ça commence à faire beaucoup d'argent! Et pourtant... C'est moins que les 1,64 millions $ qu'a touché Alban D'Amours, le prédécesseur masculin de Madame Leroux, en 2007. C'est également moins que ce qu'ont touché en 2009 Louis Vachon (6,15 million $) et Réjean Robitaille (1,94 millions $), respectivement patrons de la Banque Nationale et de la Banque Laurentienne. Deux banques pourtant plus petites que Desjardins.

Cette « injustice » a fait pondre un communiqué ironique à l'un des syndicats du mouvement Desjardins. Constatant que « le niveau de sa rémunération est nettement inférieur à celui de ses prédécesseurs et à celui des présidents d'autres institutions financières », la section locale 575 du SEPB dit « s'attendre à ce que Madame Leroux se sente plus interpellée par le dossier d'équité salariale actuellement en cours [depuis 10 ans!] pour les employées de son entreprise puisqu'elle semble elle-même être victime de discrimination salariale ». Pour le syndicat, « il existe actuellement un problème important de rémunération chez Desjardins: un sérieux écart sépare les hauts dirigeants du mouvement de leurs employées ». Le moins que l'on puisse dire c'est qu'à ce chapitre rien ne distingue la coopérative financière du reste de l'économie capitaliste...